lundi 1 mars 2010

La part cachée


Ah le doux métier de bibliothécaire ...
Depuis peu, je participe aux "offices BD" : des BD à lire par dizaine et à discuter entre collègues pour savoir si on les prend ou non pour la médiathèque.
Ces moments sont fabuleux car on découvre énormément de choses : des BD émouvantes, surprenantes parfois archi-nulles mais on ne retient que les bonnes :)


Une de ces BD m'a particulièrement touchée : En Italie, il n'y a que des vrais hommes par Luca De Santis et Sara Colaone aux éditions Dargaud.
En 1987, deux jeunes journalistes se rendent près de Naples pour interviewé Antonio Angelicola dit Ninella qui fut exilé pour son homosexualité lors de l'époque fasciste. Mussolini a prononcé cette phrase "En Italie il n'y a que des vrais hommes" c'est pour quoi, les homosexuels étant considérés comme n'appartenant pas à la population, le gouvernement les a fait enfermer sur des îles du sud de l'Italie.
Tel un roman graphique variant entre le noir et blanc et le doré, En Italie, il n'y a que des vrais hommes est avant tout un éclairage sur une part de l'histoire brumeuse. Jonglant parfaitement entre les flashbacks passé-présent, cette BD qui émeut sans être larmoyante, décrit surtout le destin d'hommes aux vies gâchées d'avoir aimés.



Electrochocs de Juan Carlos Claver

Et comme des fois, les choses se passent étrangement. J'ai emprunté ce film sans prêter attention au sujet. Le titre m'a attiré et rien de plus. Puis j'ai lu la jaquette et j'ai compris que finalement ce film traitait de l'amour de deux femmes sous la dictature de Franco.
Pilar et Elvira sont professeurs et s'aiment d'un amour si intense que rien ne semble pouvoir les séparer. Dénoncée par des parents d'élèves et par sa propre mère, Pilar est envoyée en hôpital psychiatrique pour être soignée de sa "maladie" par électrochocs...
Les électrochocs ne sont que prétextes dans ce film qui m'a littéralement bouleversé. Pas de scènes "chocs", de voyeurisme sur le couple, juste une vraie histoire d'amour au mauvais endroit, au mauvais moment.
Les électrochocs ont abîmés Pilar mais ce n'est pas tant cette torture immédiate qui est la plus douloureuse, c'est ces électrochocs du quotidien, ces cicatrices qui ne se referment pas, et cet amour qu'elle essaient de revivre et ces blessures qu'elles tentent de panser.
Ce film espagnol est une pure merveille, un ton juste, une musique magnifique et des acteurs parfaits...

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